Randonnée du cratère de Maragua, vers sucre en Bolivie

Cratère de maragua

Vous êtes à Sucre et vous cherchez une belle aventure à pied, loin des sentiers battus ? La randonnée du cratère de Maragua est une expérience incroyable pour plonger dans les paysages boliviens et traverser des villages isolés. C’est un trek de deux jours, assez accessible, que j’ai réalisé en août, en pleine saison sèche, avec mon sac sur le dos et la tente dans le sac, prêt à camper si besoin. Ce qui m’a plu ? Le fait d’être seul sur les chemins, au milieu de paysages colorés et parfois lunaires, et de pouvoir observer la vie locale, loin des circuits touristiques classiques.

Comment se rendre au cratère de Maragua

Depuis Sucre, il faut se rendre au rond-point de l’aigle (vous ne pouvez pas le rater, avec sa grande statue). C’est de là que partent les minibus vers Potolo. Mais avant Potolo, il faut demander au chauffeur de s’arrêter à la chapelle de Chataquilla. Le trajet coûte 10 bolivianos par personne et dure environ 1h30 à 2h selon les arrêts. J’ai pris le premier départ du matin, vers 8h30, pour pouvoir profiter de la journée sans me presser. Une fois à la chapelle, le chemin commence juste derrière, au niveau du fameux chemin des Incas.

Que prévoir pour ce trek en autonomie

Avant de partir, j’ai fait un petit tour au marché central de Sucre pour acheter tout ce qu’il fallait : des fruits secs, du pain, du fromage, des barres de céréales et surtout beaucoup d’eau (comptez au moins 2-3 litres par jour, il fait chaud la journée et il n’y a pas de point d’eau jusqu’à Maragua). Pour la nuit, j’avais prévu mon duvet bien chaud car même en août, les nuits sont glaciales (on est quand même à plus de 3 000 mètres d’altitude). J’avais aussi une tente légère, mais finalement j’ai pu dormir dans une auberge à Maragua. Je vous conseille aussi de télécharger Maps.me : c’est l’outil indispensable pour ne pas vous perdre, car au-delà de certains points, il n’y a plus de vrai chemin tracé, et suivre le GPS m’a clairement sauvé quelques fois !

Jour 1 : De Chataquilla à Maragua, une immersion entre montagnes et cratère

Cratère de maragua

Le chemin des Incas

Le départ se fait par un ancien chemin pavé, appelé chemin des Incas. Il monte puis descend en larges marches irrégulières, avec une vue superbe sur les montagnes autour. Ces marches, même si une partie a été rénovée, donnent une impression de remonter le temps. J’y ai croisé un berger avec son troupeau de moutons, un moment suspendu où j’ai pris le temps d’échanger quelques mots (en espagnol approximatif !) sur la météo et la vie du coin. Après environ 4,5 km, vous arrivez au village de Chaunaca. Ici, il faut s’acquitter d’un péage de 10 bolivianos pour continuer.

Vers Maragua : sur les pistes poussiéreuses

Après Chaunaca, le chemin devient une piste plus large, parfois un peu monotone mais les paysages restent impressionnants : montagnes rouges, formations rocheuses ondulées et collines sculptées par le vent. À mi-chemin, au petit hameau de Ork’o K’asa, on paie un second droit de passage (10 bolivianos). Un peu plus loin, j’ai pris une pause pour grignoter et admirer la vallée qui s’ouvre en contrebas.

Après environ 12 km sur cette piste, on atteint enfin Maragua, un village situé au cœur du fameux cratère. À ce moment-là, la vue est saisissante : une immense couronne rocheuse en cercle parfait vous entoure, avec les petites maisons en terre battue nichées au centre.

Soirée à Maragua

Maragua est minuscule, mais on trouve quelques hébergements. J’ai eu la chance de tomber sur une dame qui tenait un petit hospedaje familial : une chambre simple, mais avec des couvertures épaisses et surtout un repas chaud (soupe et pommes de terre). Franchement, après 18 km de marche et une journée au soleil, c’était royal. Le tout pour 40 bolivianos la nuit avec petit-déjeuner, et 10 bolivianos pour le repas du soir. Pour ceux qui préfèrent camper, il y a de la place aux abords du village, mais attention aux nuits très froides. Et pour les petites provisions, quelques maisons font office d’épicerie : j’ai acheté de l’eau et quelques biscuits pour le lendemain. Sur maps.me, ces « boutiques » sont bien indiquées, même si elles ne paient pas de mine !

Bonus : le point de vue au coucher du soleil

Avant de dîner, je suis monté sur une petite colline derrière le village (indiquée aussi sur Maps.me). La montée est courte, mais la vue vaut vraiment le détour : toute la cuvette du cratère, avec le soleil couchant qui colore les roches en rouge et orange. Un de ces moments qui me font adorer le voyage : seul, dans un endroit reculé, avec un panorama incroyable. À ce moment-là, j’ai pris conscience d’être loin, vraiment loin de tout. C’est ce genre d’instant qui reste en tête longtemps après le retour.

Jour 2 : De Maragua à Potolo, entre traces de dinosaures et paysages lunaires

À la recherche des empreintes de dinosaures

Le lendemain matin, après un petit déjeuner copieux (du pain maison et un thé bien chaud), je suis parti vers les empreintes de dinosaures de Niñu Mayu. Comptez environ 7 km pour y accéder. Ici aussi, il faut être attentif au GPS car il n’y a pas de vrai chemin. Mais une fois sur place, on découvre des traces de pas énormes, bien conservées dans la roche. Une dizaine d’empreintes alignées, comme figées dans le temps. J’ai payé 10 bolivianos à une dame qui veille sur le site. Le plus fou, c’est le décor autour : des falaises rayées de couches géologiques, comme un millefeuille de pierre.

Traversée jusqu’à Potolo

Après les traces de dinosaures, direction Potolo. Là, c’est le moment où le GPS devient indispensable : on traverse des champs, on grimpe et on descend sans vrai sentier. Parfois, j’ai dû franchir de petits murets de pierre, et même sauter par-dessus un ruisseau à sec. Mais quel plaisir d’être en pleine nature, avec juste le bruit du vent. À un moment, j’ai croisé un gamin qui revenait de la rivière avec un seau d’eau, et il m’a montré le bon passage pour rejoindre le chemin principal. Après une bonne montée, on arrive au village de Chulpa, où on retrouve une piste plus claire. Il reste alors environ 8 km jusqu’à Potolo, où l’on retrouve peu à peu la civilisation : maisons plus nombreuses, un petit marché et quelques tiendas.

Retour à Sucre

À Potolo, j’ai pris le temps de boire un jus frais et de manger un plat simple dans un petit resto (une soupe et du riz aux légumes pour 15 bolivianos). Ensuite, direction la place centrale où attendent les minibus pour Sucre. J’ai pris celui de 14h, et après 4 heures de route cahoteuse, retour à la ville ! Le trajet coûte 15 bolivianos et vous ramène directement au rond-point de l’aigle.

Combien ça coûte ?

En faisant ce trek en autonomie, j’ai dépensé environ :

  • Bus aller-retour : 10 + 15 = 25 bob
  • Péages : 10 + 10 + 10 = 30 bob
  • Nourriture (courses + repas auberge + resto) : 50 + 30 = 80 bob
  • Nuit à Maragua : 40 bob

Soit environ 175 bob pour 2 jours d’aventure. Bien loin des 750 bob proposés par certaines agences !

Bilan et conseils pour réussir la randonnée du cratère de Maragua

Ce trek de deux jours entre Chataquilla, Maragua et Potolo reste l’une de mes plus belles expériences autour de Sucre. Accessible sans guide, il offre une immersion totale dans la nature et la culture bolivienne. Bien sûr, la randonnée demande un minimum de préparation, surtout pour s’orienter, mais c’est aussi ce qui rend l’aventure authentique. Le chemin des Incas, le cratère aux allures lunaires, les traces de dinosaures… Tout cela sans croiser des groupes de touristes, ça vaut largement les quelques efforts pour l’organiser soi-même.

Quelques conseils pratiques si vous partez à votre tour

1. Partez tôt : Surtout le premier jour, pour profiter des paysages et ne pas arriver à la nuit tombée à Maragua. Le soleil tape fort en journée mais dès qu’il se couche, la température chute vite.

2. Prévoyez un GPS : Je le répète mais c’est indispensable, notamment pour la deuxième journée. J’utilisais Maps.me et sans lui, j’aurais sûrement erré des heures dans les champs. La carte est précise, mais il faut garder l’œil sur l’écran régulièrement pour ne pas dévier.

3. Emportez de quoi grignoter et beaucoup d’eau : Vous ne trouverez pas d’eau potable en route, et même à Maragua, l’approvisionnement est limité. J’avais pris du pain, des fruits secs, des bananes et ça m’a bien tenu sur deux jours, mais j’étais bien content de trouver une soupe chaude à l’arrivée !

4. Pour dormir : Même si je n’avais pas réservé, j’ai pu trouver une chambre. Mais si vous êtes en haute saison (genre juillet/août), un petit appel avant via les contacts qu’on peut trouver à Sucre pourrait rassurer.

Quelques souvenirs marquants

Au-delà des paysages, ce sont les rencontres qui m’ont marqué. Je me rappelle particulièrement de cette mamita à Maragua, qui m’a accueilli avec un grand sourire quand je suis arrivé, poussiéreux et épuisé. Elle m’a raconté, en me servant la soupe, comment le village changeait avec les nouveaux sentiers pour les 4×4, et comment les jeunes partaient de plus en plus vers Sucre. Le genre de moment simple qui donne du sens au voyage.

Et puis ce gamin, sur le chemin vers Potolo, qui jouait seul avec une boîte de conserve en guise de ballon et qui m’a montré la direction en riant. J’ai repensé à lui en marchant, en me disant que ces chemins qu’on prend pour « faire une belle randonnée » sont avant tout leur quotidien.

Pourquoi choisir de faire Maragua en autonomie ?

Pour moi, le plus beau dans cette aventure, c’est justement de la vivre à mon rythme, de prendre le temps de m’arrêter, de parler (ou tenter de parler !) avec les locaux, d’observer les montagnes, les formations géologiques, de faire mes pauses quand j’en ai envie. Passer par une agence enlève un peu cette liberté et ce côté « hors du temps » qu’on ressent en marchant seul.

Alors bien sûr, certains préféreront le confort d’un tour organisé, mais si vous aimez l’aventure et que vous êtes à l’aise avec la marche et l’orientation, je recommande à 100% de le faire en solo. C’est aussi, avouons-le, bien plus économique. Avec moins de 200 bolivianos pour deux jours, vous avez une expérience unique et authentique.

Ce que j’ai préféré dans cette aventure

Je crois que ce qui m’a le plus marqué, c’est le calme absolu tout au long du trek. À part quelques villageois et troupeaux de moutons, je n’ai croisé quasiment personne.

Sur les bords du cratère de Maragua, je me suis même assis un bon moment à observer les formes étranges des montagnes, en me disant que peu de voyageurs prenaient le temps de venir jusqu’ici. C’est un vrai luxe aujourd’hui de pouvoir se retrouver seul dans un décor aussi impressionnant.

Et puis bien sûr, les traces de dinosaures. Voir ces empreintes figées depuis des millions d’années, perdues au milieu de la pampa, c’est un sacré choc. Je me suis amusé à comparer la taille de mon pied avec celles des dinosaures (autant dire qu’on se sent tout petit). Un moment unique que je ne suis pas prêt d’oublier.

Le passage « surprise » : une nuit à la belle étoile manquée de peu

Petite anecdote pour finir : j’avais pris une tente au cas où, pensant qu’il serait facile de camper autour de Maragua. Mais en arrivant, les vents étaient si forts que je n’aurais jamais réussi à la monter correctement. Finalement, après avoir cherché un coin abrité, j’ai décidé d’aller toquer chez une habitante qui, avec un grand sourire, m’a proposé une chambre simple pour quelques bolivianos. Le genre de rencontre improvisée qui reste gravée, et qui sauve une nuit froide en montagne !

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