Le tour du Mont Blanc (tbm) en 3 jours

Le mont blanc

Le Tour du Mont Blanc, c’est un mythe pour tout randonneur ou trekkeur passionné de montagne. Un itinéraire qui traverse trois pays, la France, l’Italie et la Suisse, en serpentant autour du sommet le plus emblématique des Alpes. Depuis longtemps, ce sentier me faisait rêver, et c’est avec une excitation palpable que je me suis lancé dans l’aventure, avec pour objectif de parcourir ces 170 km et 10 000 m de dénivelé positif en trois jours.

Quand faire le Tour du Mont Blanc en trois jours ?

Mont blanc

La période idéale pour ce périple s’étend de mi-juin à fin septembre, lorsque les refuges sont ouverts et que les conditions météo sont plus clémentes. J’ai choisi de partir début juillet, et bien que les sentiers soient en grande partie dégagés, quelques passages étaient encore enneigés, notamment au col du Bonhomme, au col de la Balme et vers le Brévent. Heureusement, la trace était bien marquée, ce qui permettait de progresser sans encombre.

Préparer son matériel pour le Tour du Mont Blanc

Pour tenir la distance tout en restant léger, j’ai opté pour un équipement minimaliste mais efficace :

  • Un sac de 12 litres
  • Une paire de chaussures de trail
  • Une réserve d’1,5 L d’eau (les refuges et sources sont nombreux)
  • Une première couche chaude
  • Une veste de pluie type Gore-Tex
  • Casquette et lunettes de soleil
  • Une paire de chaussettes de rechange
  • Un pantalon de running
  • Un buff et un sac à viande pour les nuits en refuge
  • Une trousse de secours avec Compeed et couverture de survie
  • Quelques barres énergétiques et gels
  • De l’argent liquide et une carte bancaire

Avec cette liste, mon sac ne dépassait pas 4,5 kg, eau comprise, ce qui permettait de rester léger et efficace sur les sentiers.

Jour 1 : Des Houches à Maison Vieille

Le mont blanc

Départ aux aurores, à 5h30, pour une longue première étape de 60 km et 3600 m de dénivelé positif. L’excitation est là, les jambes sont fraîches, et l’air matinal encore frais. La première section jusqu’aux Contamines n’est pas la plus excitante, avec ses larges pistes et quelques portions de route, mais dès qu’on s’élève vers le col du Bonhomme, la magie opère. Le paysage devient plus alpin, les montagnes se dressent fièrement, et l’on se sent minuscule face à cette immensité.

Au sommet du col, la neige est encore bien présente, formant un contraste saisissant avec le ciel bleu. Une descente rapide nous amène au refuge de la Croix du Bonhomme, où je prends le temps de remplir ma gourde et d’échanger quelques mots avec d’autres randonneurs. Certains s’apprêtent à partir pour dix jours de trek, tandis que nous avons choisi une approche plus intense.

Nous poursuivons vers le col de la Seigne, marquant notre entrée en Italie. La descente vers le Val Veny est à couper le souffle : des glaciers suspendus, des cascades en contrebas et une lumière dorée qui embrase les sommets. Un moment suspendu que je prends le temps d’immortaliser avec mon appareil photo.

À Courmayeur, une pause bien méritée s’impose. Je ne résiste pas à un bon café italien accompagné d’une pâtisserie locale. Une anecdote amusante : en sortant du café, un vieux montagnard m’aborde et me lance en riant qu’avec mon sac aussi léger, je dois sûrement être un « coureur de l’UTMB ». Je rigole en lui expliquant notre défi en trois jours, et il me répond en tapotant son ventre : « Moi, je le fais en quinze, mais avec du bon vin dans le sac ! »

La dernière montée vers le refuge Maison Vieille est rude après une journée aussi longue, mais l’arrivée au refuge récompense tous les efforts. L’ambiance y est chaleureuse, la décoration rustique mais charmante, et le dîner, un vrai festin. On se couche tôt, épuisés mais heureux de cette première journée.

Jour 2 : De Maison Vieille à Champex

Réveil avant l’aube, la tête encore embrumée par la fatigue de la veille. À 5h30, nous quittons le refuge Maison Vieille sous un ciel étoilé, avec en toile de fond les silhouettes massives des sommets alpins. L’air est frais, et l’excitation est toujours là. Direction le col Ferret, frontière naturelle entre l’Italie et la Suisse, avec au programme environ 55 km et 2500 m de dénivelé positif.

La montée vers le col Sapin nous réveille immédiatement. Au fur et à mesure que le jour se lève, les montagnes s’illuminent d’une lueur rosée absolument magique. Un de ces instants qui rappelle pourquoi on se lève si tôt pour ces aventures. La descente vers le Val Ferret est une pure merveille : le sentier serpente entre les prairies d’altitude où paissent des vaches aux cloches résonnantes, et chaque virage offre une nouvelle vue plus époustouflante que la précédente.

En arrivant au refuge Elena, nous faisons une petite pause café en profitant de la vue sur le glacier de Pré de Bar. Un randonneur suisse nous raconte qu’il a vu un bouquetin juste avant l’aube, perché sur une crête abrupte. On repart avec l’espoir d’en apercevoir un nous aussi.

La montée vers le Grand Col Ferret est exigeante, mais la récompense est immense. Arrivés au sommet, nous basculons en Suisse et profitons d’un panorama spectaculaire sur les vallées suisses et le massif du Mont Blanc derrière nous. De l’autre côté, la descente est douce et roulante, parfaite pour relâcher un peu les jambes.

En milieu de journée, nous faisons halte au refuge de La Peule, où l’on dévore deux sandwichs et un Coca bien mérité après plusieurs heures d’effort. L’ambiance est détendue, et les randonneurs échangent leurs anecdotes de voyage. Un couple de Canadiens, en trek depuis une semaine, nous demande comment on arrive à faire le tour en trois jours. « Avec beaucoup de souffrance et un peu de folie », réponds-je en riant.

La traversée vers Champex est moins exaltante. Le sentier descend progressivement vers la plaine et longe plusieurs petits villages suisses. L’odeur du bois et des pâturages nous accompagne jusqu’à Champex, où nous faisons étape au Relais d’Arpette. L’endroit a des allures d’hôtel-refuge, avec des dortoirs impeccables et un dîner copieux qui nous fait le plus grand bien.

Avant de dormir, je sors admirer le lac de Champex sous la lumière des étoiles. Le silence est absolu, interrompu seulement par le bruissement du vent dans les sapins. Un moment suspendu, où l’on mesure la chance de pouvoir vivre une telle aventure.

Jour 3 : De Champex aux Houches

Mont Blanc

Dernière journée, et pas la plus facile : 45 km, 3500 m de dénivelé positif, et un enchaînement de passages alpins spectaculaires. Le réveil à 5h30 est un peu rude, les jambes sont raides après deux jours d’effort intense. Mais dès les premiers pas, l’excitation reprend le dessus. Aujourd’hui, nous bouclons la boucle.

Nous attaquons la montée vers la Fenêtre d’Arpette, l’un des passages les plus sauvages et techniques du Tour du Mont Blanc. Le sentier devient de plus en plus minéral, les blocs de pierre s’empilent, formant une montée raide et exigeante. L’air devient plus frais, et en levant la tête, nous apercevons les premières lueurs du soleil embrasant les sommets. Au sommet, le spectacle est à couper le souffle : des montagnes à perte de vue, un silence majestueux, et cette sensation grisante d’être seul au monde.

La descente vers Trient est un vrai casse-pattes, entre pierriers et sentiers raides, mais l’arrivée au village est une bénédiction. Nous faisons une rapide pause pour recharger les réserves avant d’attaquer la montée vers le col de la Balme. Ce passage marque notre retour en France, et la vue sur la vallée de Chamonix est saisissante. Le Mont Blanc se dresse fièrement devant nous, comme un gardien de pierre veillant sur le sentier.

Nous poursuivons sur le sentier en balcon qui mène aux échelles d’Argentière. Ce passage aérien est impressionnant, surtout si l’on a le vertige. Suspendu au-dessus du vide, je prends une grande inspiration avant d’attaquer la descente. Un petit frisson me parcourt l’échine en voyant la hauteur, mais la sensation d’adrénaline est grisante.

Nous arrivons ensuite au Brévent, dernière grande ascension de notre périple. Le sentier grimpe à travers des paysages lunaires, et chaque pas devient plus difficile. La fatigue est bien présente, mais impossible de s’arrêter si près du but. Au sommet, la vue est tout simplement incroyable. Chamonix s’étale en contrebas, la mer de glace serpente entre les montagnes, et le Mont Blanc domine l’horizon.

La descente finale est éprouvante. Les cuisses brûlent, mais l’envie d’en finir nous pousse à accélérer le rythme. Nous atteignons enfin les Houches en milieu d’après-midi, après 11 heures d’effort intense. Le sentiment d’accomplissement est immense.

Bilan du Tour du Mont Blanc en trois jours

Mont blanc en 3 jours

Ce trek a été une expérience incroyable. Le Tour du Mont Blanc est un itinéraire unique, où chaque jour réserve son lot de paysages époustouflants. Si la première journée nous avait laissé un peu sceptiques avec ses larges pistes, les deux suivantes nous ont offert des panoramas d’une beauté inouïe. Les passages en altitude, les crêtes sauvages et les vallées suspendues ont rendu cette aventure inoubliable.

Au fil des kilomètres, nous avons croisé des bouquetins paisibles sur des crêtes escarpées, des marmottes curieuses nous observant depuis leurs terriers, et des randonneurs du monde entier partageant la même passion pour la montagne. L’ambiance sur le sentier est conviviale, et même en avançant à un rythme rapide, les échanges et les encouragements fusent.

Pour résumer le tout, le Tour du Mont Blanc est un incontournable pour les amateurs de trek et d’aventure. Le faire en trois jours est un véritable défi physique, mais avec une bonne préparation, c’est une expérience exceptionnelle. Un conseil : prenez le temps de lever la tête, d’admirer la beauté brute des Alpes, et de savourer chaque instant.

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