Traversée de Madère à pieds : Le meilleur itinéraire

Traverser Madère à pied, c’est un rêve que j’avais depuis longtemps. Ce genre de défi nature que j’adore : partir en autonomie avec la tente sur le dos, découvrir les montagnes, les levadas perchées, et dormir là où le soleil se couche. J’avais prévu de le faire en une petite semaine, mais finalement, porté par l’envie et la beauté des paysages, j’ai bouclé le périple en 4 jours. Au total, environ 145 km et 6 387 m de dénivelé positif. Un sacré morceau, mais quel plaisir !

Quand partir pour traverser Madère ?

Pour les amoureux de randonnée comme moi, Madère est praticable de mars à octobre. Mais si vous aimez voir les montagnes recouvertes de fleurs, visez mai ou juin. De mon côté, j’y suis allé en août. Résultat : les journées étaient longues, parfaites pour la marche, et même en altitude il faisait bon (sauf la nuit, j’en reparlerai). En plaine, 23 à 25°C, et en montagne, ça peut tomber autour des 10°C la nuit, donc attention au sac de couchage trop léger. En tout cas, un vrai bonheur de randonner sous ce climat subtropical, même si les sommets se couvrent vite de brouillard en fin d’après-midi.

Comment venir à Madère ?

J’ai pris l’avion pour arriver à Funchal. En cherchant bien, il y a des vols directs à prix raisonnables depuis la France, mais le plus souvent on passe par Lisbonne ou Porto avec TAP Portugal. Pour le budget, en plein été, j’ai trouvé un aller-retour à moins de 300 €, mais hors saison, on peut tomber sur de bien meilleurs prix.

Où dormir quand on traverse Madère ?

bivouac

Pour moi, c’était en mode aventure : tente et bivouac la plupart du temps. L’idée, c’était de pouvoir dormir n’importe où sur la route, selon les jambes du jour. Alors évidemment, il y a des spots incroyables avec vue sur la mer ou nichés au cœur des montagnes, mais parfois on se retrouve à dormir un peu où on peut, en essayant de rester discret. C’est ça aussi, la liberté du bivouac.

Après l’arrivée à Porto Moniz, j’avais besoin d’un bon lit et d’une douche chaude : j’ai trouvé une petite pension simple mais confortable avec vue sur l’océan, parfait pour se poser et savourer un repas bien mérité (et une poncha, boisson locale à base de rhum, miel et citron, pour fêter ça). Enfin, avant de repartir, j’ai passé deux nuits à Funchal, où j’avais réservé un petit hôtel sympa, bien placé pour explorer la ville et surtout proche du marché pour goûter aux fruits exotiques.

Mon parcours pour traverser Madère en 4 jours

Jour 1 : De Machico à l’entrée des montagnes (43 km)

Je suis parti depuis Machico, une ville du sud-est de l’île, en direction de Porto da Cruz. À la base, je voulais démarrer encore plus à l’est, à la pointe de São Lourenço, mais finalement j’ai préféré garder des forces pour la suite. La première partie suit des levadas (ces fameux canaux d’irrigation bordés de chemins) bien entretenues, accrochées aux flancs de montagne, offrant des vues vertigineuses sur la mer. J’ai traversé de superbes paysages verdoyants, et même croisé un vieux monsieur qui cultivait son jardin accroché à la falaise : il m’a lancé un « bom caminho » en souriant, et ça m’a donné un coup de boost pour continuer.

Arrivé à Porto da Cruz, j’ai eu un bon moment de doute : je n’arrivais pas à trouver le bon chemin pour continuer, et j’ai tourné un moment avant de me repérer grâce à une grande route qui m’a servi de point de repère. Après ça, j’ai grimpé dans les montagnes pour trouver un endroit tranquille pour poser ma tente, avec une vue incroyable sur les sommets que j’allais affronter le lendemain.

Jour 2 : Les montagnes et Pico Ruivo dans les nuages (38 km)

Ce deuxième jour a été bien plus dur. Les chemins que j’ai pris étaient pour beaucoup à moitié oubliés, parfois envahis par la végétation. Et puis cette brume épaisse qui a accompagné toute la montée au Pico Ruivo, le sommet de l’île à 1 862 m. Je rêvais d’une vue dégagée sur toute l’île, mais j’ai eu droit à un rideau de nuages ! Bon, ça donnait quand même une ambiance mystique, un peu comme si je marchais dans un autre monde. J’ai croisé un tunnel de 500 mètres, plongé dans le noir complet, juste éclairé par ma lampe frontale (frissons garantis !).

J’ai fini par planter ma tente au bord d’une levada, un endroit assez étroit mais protégé du vent. Et là, petit moment « aventure » : alors que je m’endormais, j’ai entendu des bruits de pas. Un chien errant, venu flairer mon campement ! Finalement, il est reparti aussi vite qu’il est venu, mais j’avoue que sur le coup, le cœur a battu un peu plus fort.

Jour 3 : Détours et galères (40 km)

Ce jour-là, c’est clairement la journée où j’ai le plus galéré. Dès le matin, la levada sur laquelle je marchais s’est effondrée : impossible de passer, je voyais la suite du chemin de l’autre côté, mais c’était un précipice infranchissable. J’ai dû sortir la carte, chercher une alternative, et faire un énorme détour par la route pour rejoindre Rabacal. J’aurais pu tenter un passage par la vallée, mais j’ai préféré jouer la sécurité après les aventures des jours précédents. Pas question de se retrouver coincé sans issue.

Malgré les kilomètres en plus, j’ai découvert des coins magnifiques : des forêts de lauriers, des cascades qui dévalent les falaises, et ces fameuses levadas qui serpentent partout. À un moment, en traversant une zone boisée, j’ai croisé un petit groupe de randonneurs allemands : on a partagé quelques fruits secs, et ça m’a reboosté pour finir la journée.

Jour 4 : Porto Moniz et ses piscines naturelles (14 km)

Le dernier jour, c’était plus tranquille : 14 km le long d’une levada paisible, puis une descente en lacets jusqu’à Porto Moniz. En arrivant, après 4 jours de marche non-stop, j’ai été accueilli par le spectacle incroyable de ces piscines naturelles formées par la lave : une vraie invitation à se baigner, et je ne me suis pas fait prier. Plonger dans l’eau fraîche avec vue sur l’Atlantique après autant d’effort, c’est un moment que je n’oublierai jamais.

La ville est petite mais vivante : quelques restos en bord de mer, des pêcheurs qui rentrent au port, et une atmosphère détendue. J’ai visité l’aquarium installé dans l’ancien fort (sympa pour découvrir la faune marine locale), avant de savourer une énorme assiette de poisson grillé en regardant le soleil tomber sur l’horizon.

Bilan de la traversée de Madère

Traverser Madère en autonomie, c’est une aventure qui marque. L’île est un véritable paradis pour les randonneurs : les paysages changent tout le temps, passant de falaises vertigineuses à des forêts de lauriers humides, puis à des crêtes arides et dénudées. Ce que j’ai adoré, c’est la sensation d’être seul au monde sur certains sentiers, loin de tout, avec juste le bruit de l’eau qui coule dans les levadas ou du vent qui souffle sur les sommets.

Mais attention, ce n’est pas une randonnée de tout repos. Si vous partez en mode bivouac, il faut bien anticiper : Madère n’est pas équipée pour les randonneurs sur plusieurs jours. Pas de campings officiels, très peu d’abris (et parfois fermés), et l’eau potable n’est pas toujours simple à trouver, même si on peut souvent remplir ses gourdes directement aux levadas. J’avais pris un filtre à eau et je ne regrette pas, surtout dans les zones reculées. Pour dormir, il faut aimer les coins sauvages et parfois accepter de dormir dans des endroits un peu en pente ou caillouteux.

Un conseil : bien se couvrir pour la nuit en altitude. J’avais un duvet prévu pour 10 °C confort, et certaines nuits au-dessus de 1500 m j’ai dû enfiler tout ce que j’avais dans le sac pour ne pas avoir froid, et même sortir la couverture de survie une fois à cause du vent glacial. Mais franchement, ouvrir la tente au lever du soleil et voir la mer de nuages sous ses pieds, ça efface toutes les galères.

Que voir et faire à Madère après la randonnée ?

Explorer Funchal et goûter les spécialités locales

Funcha

Avant de repartir, j’ai profité de mes deux jours à Funchal pour me reposer et surtout explorer la ville. La vieille ville est vraiment agréable à parcourir à pied, avec ses ruelles pavées, ses maisons colorées et ses fresques murales sur les portes. Un petit tour au marché des Lavradores s’impose, même si c’est touristique : les étals débordent de fruits tropicaux que je n’avais jamais vus, comme le fruit de la passion-banane (super bon) ou l’anone. J’ai aussi goûté une « espada » (poisson sabre noir) grillée, un classique de l’île, souvent servi avec de la banane – étonnant mais délicieux.

Et puis bien sûr, impossible de passer à côté de la fameuse poncha, cette boisson locale à base de rhum agricole, citron et miel. Je me suis posé sur une petite terrasse au port pour en savourer une, en regardant les bateaux de pêche rentrer. Clairement une belle façon de finir le séjour.

Les piscines naturelles de Porto Moniz

Si vous ne faites pas la traversée mais que vous allez directement à Porto Moniz, je vous recommande vraiment les piscines naturelles. Elles sont impressionnantes : de grandes cuvettes creusées par la lave et remplies par les vagues. Il y a une partie aménagée avec des douches, vestiaires, et escaliers pour entrer dans l’eau en toute sécurité (payante, mais vraiment pas chère), et une autre partie plus sauvage et gratuite, où on se baigne entre les rochers noirs. L’eau est fraîche mais ça vaut le coup, surtout en été.

Randonnée Pico do Arieiro – Pico Ruivo

Pour ceux qui n’ont pas le temps de faire toute la traversée, mais qui veulent en prendre plein les yeux, la randonnée entre le Pico do Arieiro et le Pico Ruivo est un must. C’est une rando à la journée qui passe par les crêtes les plus impressionnantes de l’île, avec des vues incroyables quand le temps est dégagé. Je l’ai refaite après ma traversée, cette fois sous un grand ciel bleu, et j’ai enfin eu droit aux panoramas spectaculaires sur les sommets déchiquetés. Un conseil : partez tôt le matin pour éviter les nuages qui arrivent souvent vers midi.

Balade dans les levadas accessibles

Madère est célèbre pour ses levadas, et même sans partir pour une grande randonnée, on peut en parcourir de petites sections accessibles à tous. J’ai notamment adoré celle de « Levada do Rei » : facile, ombragée, avec des passages sous les fougères géantes et de jolies cascades. Parfait pour une journée plus tranquille après l’effort.

Observer les dauphins et baleines

Avant de quitter l’île, j’ai aussi craqué pour une sortie en mer pour observer les dauphins et baleines. J’avais hésité (peur du côté « touriste »), mais finalement c’était magique. On est tombés sur un groupe de dauphins qui suivaient le bateau, jouant avec les vagues. Un moment hors du temps, et l’occasion de voir Madère depuis l’océan, avec ses montagnes qui plongent à pic dans l’Atlantique. Je recommande à fond si vous aimez la nature.

Madère : un terrain de jeu pour tous les marcheurs

Au final, Madère a vraiment tout pour plaire aux amoureux de nature : que vous soyez randonneur aguerri prêt à faire la traversée complète comme moi, ou que vous préfériez les petites balades à la journée, vous trouverez de quoi faire. Et puis entre deux randos, il y a toujours une plage, une piscine naturelle ou un bon resto pour se poser. J’ai quitté l’île avec l’envie d’y revenir, peut-être cette fois pour faire le tour complet en mode « slow trek », en prenant plus de temps pour m’arrêter dans les petits villages. Mais ça, ce sera pour une prochaine aventure !

Quelques conseils pratiques pour préparer votre traversée de Madère

Quel matériel emporter ?

Si vous partez comme moi en autonomie complète, il faut vraiment penser léger mais efficace. J’avais un sac de 10 kg, eau comprise. Mon équipement indispensable : une tente légère (moins de 2 kg), un sac de couchage prévu pour les nuits fraîches en montagne, un matelas gonflable (croyez-moi, après 40 km par jour, le confort compte !), un filtre à eau pour boire directement aux levadas, et un petit réchaud à gaz pour me faire des plats chauds le soir (pâtes, semoule, soupes lyophilisées… ça fait du bien après une grosse journée).

Prévoyez aussi de bonnes chaussures de randonnée, solides et confortables, car les chemins de Madère sont parfois glissants avec la mousse ou les pierres. J’avais aussi pris une cape de pluie, qui m’a bien servi lors des passages dans les nuages humides et pour affronter quelques bonnes averses. Et surtout une lampe frontale : entre les tunnels de levadas et les fins de journée où on finit parfois un peu tard, elle m’a sauvé plus d’une fois.

Comment gérer l’eau et la nourriture ?

Côté nourriture, comme il n’y a pas de refuges ou de gîtes sur la route, mieux vaut tout prévoir dès le départ ou faire quelques petits ravitaillements en chemin quand on traverse des villages. J’avais pris de la nourriture pour 4 jours : fruits secs, barres de céréales, nouilles instantanées, et un peu de fromage sous vide. J’ai pu compléter avec quelques courses rapides à Rabacal et à Porto Moniz (petites épiceries locales).

Pour l’eau, j’ai souvent rempli mes gourdes directement dans les levadas ou les fontaines, en filtrant systématiquement. Il y a beaucoup de levadas, mais attention, certaines sont sèches selon la saison, donc je vérifiais toujours sur la carte si j’avais un point d’eau à venir avant de continuer.

Les précautions à prendre en bivouac

Madère n’a pas de réglementation très stricte sur le bivouac, mais mieux vaut rester discret et respecter la nature. J’ai toujours cherché des spots un peu à l’écart des villages, en essayant de ne pas dégrader les lieux. Un conseil : ne campez jamais trop près d’une levada (le terrain est souvent instable ou détrempé), et attention aux terrains en pente (je me suis réveillé une fois complètement glissé dans un coin de la tente !). J’avais aussi pris un petit sac étanche pour protéger mes affaires, parce qu’entre la pluie, l’humidité et les éclaboussures dans les tunnels, tout peut vite être trempé.

Pourquoi j’ai adoré cette aventure à Madère

Ce qui m’a marqué, c’est la diversité des paysages. En une journée, on passe de la forêt dense, façon jungle, à des crêtes pelées qui surplombent la mer. J’ai eu des moments magiques où je marchais au-dessus d’une mer de nuages, avec le soleil qui commençait à se coucher, donnant au ciel des couleurs irréelles. Je me souviens aussi de ce matin où, après une nuit glaciale au sommet, j’ai ouvert ma tente sur une mer de nuages immobile, avec les sommets qui perçaient. Un spectacle dont je me souviendrai longtemps.

Et puis il y a les rencontres. Même si Madère n’est pas une destination de rando de plusieurs jours pour tout le monde, j’ai croisé des locaux adorables, comme cette vieille dame qui m’a offert des bananes de son jardin quand elle m’a vu passer, ou ce couple de randonneurs portugais avec qui j’ai partagé un bout de chemin dans les montagnes. Même sans parler la même langue, on se comprend toujours quand on partage la passion du voyage à pied.

Les immanquables de Madère pour prolonger l’aventure

Pico Ruivo et Pico do Arieiro

Comme je le disais plus haut, même si vous ne faites pas la traversée complète, la rando entre ces deux sommets est incontournable. Elle offre des points de vue hallucinants et une bonne montée d’adrénaline avec ses passages étroits et escarpés. À faire par beau temps pour vraiment en profiter. Et avec un lever de soleil, c’est juste magique : voir les nuages s’ouvrir sur les crêtes au petit matin reste un des plus beaux souvenirs de mon voyage.

Les villages de montagne : Santana et ses maisons typiques

Si vous passez par Santana, vous pourrez voir les fameuses maisons traditionnelles de Madère, ces petites cabanes aux toits de chaume pointus, peintes en rouge, bleu et blanc. C’est touristique mais ça reste charmant, et c’est un bon endroit pour goûter la gastronomie locale : j’y ai mangé une « espetada », cette brochette de bœuf grillée sur branche de laurier, un délice !

Les jardins de Funchal

Après tant de nature sauvage, les jardins botaniques de Funchal sont un bon moyen de découvrir toutes les plantes exotiques qui poussent sur l’île, sans devoir crapahuter pendant des heures. Idéal pour une dernière journée tranquille avant le retour. J’y ai découvert des variétés de fleurs que je n’avais jamais vues ailleurs, et surtout j’ai pu m’asseoir au frais sous les arbres après mes 4 jours de rando intense !

Le Cabo Girão : vertige garanti

Pour finir, si vous aimez les sensations fortes, ne manquez pas le Cabo Girão, une falaise de 580 m de haut, avec une plateforme en verre suspendue au-dessus du vide. Moi qui ne suis pas hyper fan du vide, je peux vous dire que j’ai serré les dents pour y marcher, mais la vue sur la mer et les cultures en terrasse en bas vaut le détour. Par temps clair, on voit jusqu’à Funchal. Un vrai bonus pour finir le voyage en beauté.

En résumé : Madère, un paradis pour les amoureux de nature

Madère, c’est une île où on peut passer des vacances ultra sportives à crapahuter sur les sommets, mais aussi se poser tranquillement au bord de l’océan ou dans les villages. Personnellement, j’y ai trouvé un équilibre parfait entre l’effort physique, le plaisir des yeux et les rencontres. Si vous aimez le trek, le bivouac et les paysages spectaculaires, foncez ! Et si vous êtes plus balade et détente, il y a aussi de quoi faire. J’en repars avec des souvenirs plein la tête et une seule envie : y retourner un jour pour explorer d’autres coins, peut-être cette fois en prenant le temps de goûter à tous les petits plaisirs locaux.

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