Mont-Blanc: 2 Jours D’ascension Du Plus Haut Sommet Français

Par Romlands

L’ASCENSION DU MONT BLANC EN 2 JOURS

Il y a déjà un petit article sur le blog pour vous parler de l’ascension du Mont Blanc à la journée. Mais cette fois ci je suis monté dans le but d’amener des collègues au sommet. On va dire que j’étais un peu le guidos même si je suis loin d’en avoir toutes les compétences.

Le projet pour 3 de mes collègues était de faire l’ascension du Mont Blanc sur 2 jours.

Le plan initial étant donc :

  • Faire la route jusqu’à Saint Gervais: 3h de voiture.
  • Prendre le tramway jusqu’au Nid d’Aigle: 1H
  • Attaquer la montée jusqu’au refuge du Goûter: 5h environ selon les conditions, avec 1400D+. Refuge dans lequel nous prendrons un bon repas et tenterons de dormir un peu et nous acclimater légèrement.
  • Dans la nuit vers 4h: prendre le chemin du Mont-Blanc pour ensuite effectuer la descente jusqu’au Nid d’Aigle: Entre 8 et 10H. 1000D+ et 24000 D-
  • Reprendre enfin le tramway…
  • Route direction la maison

C’était le plan de base. Qui est déjà un peu sportif, car la 2eme journée pique un peu avec ses 1000d+ et 2400m de descente.

LA CONTRAINTE METEO

Mais voilà, 2 jours avant: la météo s’annonce très bonne le premier jour. Et très mauvaise le 2ème jour.

Après avoir longuement réfléchi, annulation ou pas! On décide de tenter notre chance avec en tête l’idée d’essayer l’ascension le 1er jour. Au pire on ira que jusqu’au refuge du Gouter, mais ce sera toujours de l’expérience en plus pour les collègues.
Faire l’ascension sur le 1er jour demande donc de faire 2400d+ et 1000d- en une journée et avec très peu d’acclimatation et une arrivée au sommet en fin d’après-midi. Bref, une très longue journée avec en plus le challenge de redescendre le soir au Refuge du Gouter avant 20h (heure de la fin des repas)…

Bref, beaucoup d’incertitudes et quelques difficultés. On verra donc sur le tas et au moindre problème demi-tour !

DEBUT DE L’AVENTURE SUR LE SOMMET DE L’EUROPE

Départ à 4h du matin de chez nous pour le Mont-Blanc en 2 jours. Il nous faudra 3h de route pour arriver au Fayet à Saint Gervais d’où part les jolis tramways du Mont Blanc (qui vont d’ailleurs être rénovés, probablement un truc moderne avec bien moins de charme mais plus rapide.)
Il y a bien d’autres gares, mais celle-ci est la plus facile d’accès et elle possède un très grand parking. Le voyage en tramway dure une heure, et on voit pas mal de paysage. On commence à avoir un petit aperçu sur ce qui nous attend… C’est cool à faire en vrai. Nous avons pris le train de 8h pour avoir peut être le choix de réaliser l’ascension le 1er jour.

9 heures 15 minutes: Bim!

Le Tramway nous pose au pied du Nid d’Aigle. A la sortie du train un bonhomme nous attend pour vérifier les papiers. En effet on ne peut plus faire l’ascension du Mont Blanc si on n’a pas réservé une nuit au refuge du Goûter ou de Tête Rousse.
Les papiers sont en règle et le bonhomme nous confirme ce que prédisait la météo: il fera très mauvais le lendemain. On sait donc déjà que si on veut réaliser le sommet du Mont Blanc, c’est aujourd’hui ou jamais. En plus le ciel est complètement bleu pour le moment. Mais on verra au refuge Goûter la forme de la troupe, ne faisons pas de plan sur la comète.

Il nous faudra 4 heures pour arriver au Refuge du Gouter, il n’y avait aucune neige sur le parcours jusqu’au vieux refuge ce qui aide franchement à l’ascension. Pas de difficultés majeures sur cette partie: tout le monde va bien, mise à part quelques débuts d’ampoules ici et là, dû à des chaussures de location et des pieds de princesses huhu? Il fait bon et comme dit plus haut il y a très peu de neige. On est donc arrivé assez rapidement au couloir du Goûter, « la 1ere difficulté » : le couloir de la mort comme ils l’appellent (à cause des nombreuses chutes de pierres qu’il peut y avoir.).

Nous l’avons passé avant que le soleil illumine l’endroit et du coup zéro éboulement pour nous, par contre quelques heures plus tard pendant notre montée au refuge nous avons vu de braves pavés descendre dans le couloir… Effrayant !!

La suite n’est pas très compliquée, enfin je trouve. Même si c’est assez raide car on grimpe entre les rochers, et un peu vertigineux si on regarde derrière, le chemin n’est cependant pas très dur à trouver. Quelques câbles et balisages sont tout de même là pour filer la main. Seule l’altitude commence à se faire sentir (+ de 3000m) et commence à piquer les organismes les moins habitués.

DIRECTION LES 4810M DU MONT BLANC

Il est 13h30 quand nous arrivons au refuge du Goûter. C’est l’heure pour nous de faire le point et surtout de faire le pic-nic. Au niveau du moral des troupes tout va bien, tout le monde à la forme, mal nul part, le soleil est toujours là… Donc on décide de se lancer dans l’ascension finale. Elle se découpe en 2 partie, plus la redescente évidement:

Partie 1 – Direction le Vallot

L’ascension commence par des zigzag dans une face bien large jusqu’au Dôme du Gouter et du refuge du Vallot. Rien de bien compliqué mis à part le passage au dessus de 4000m et quelque crevasses à éviter. Malheureusement c’est ici qu’un de nous commencera à flancher, ses jambes le lâchent, l’énergie aussi. Cela est probablement dû à l’altitude. C’est un peu embêtant car faire des pauses à chaque virage est casse-jambe pour tt le monde. On arrivera quand même au prix d’un bel effort à rejoindre le refuge du Vallon. Bravo à lui d’ailleurs car cela a permis à tous les autres de pouvoir finir l’ascension. Car pendant que nous continuons, il s’est reposé dans ce refuge au chaud.

Partie 2 – Apres le refuge Vallot

Là c’est un peu plus périlleux. Le cheminement nous fait passer par de belles crêtes plutôt effilées. Ici il faut rester très concentré, ce n’est pas le moment de glisser ou de se prendre les crampons dans les pieds… L’altitude se fait aussi ressentir de plus en plus, évidement.

Mais le groupe se comporte super bien: « piano piano » on monte doucement, mais sûrement avec une allure très régulière. Parfait!!

Quelques nuages menacent le sommet, mais le vent les dégage rapidement. Seul un gros nuage coté EST reste accroché au Mont Blanc, mais il ne viendra jamais nous embêter.

Le sommet se rapproche enfin mais se laisse quand même désirer. Il faut bien se le dire, la fin est interminable: après chaque bosse, une nouvelle apparait. Jusqu’au moment où enfin le chemin s’aplanie et que le sommet fait son apparition! YIIIAAAA nous sommes en haut! C’est toujours aussi gratifiant de mettre les pieds sur le toit de l’Europe, mais surtout de voir les potes heureux de réaliser un petit rêve au prix d’un bel effort. Quelques cris de joie, des accolades et il y a souvent des petites larmes de joie et de satisfaction qui coulent là haut.

…E M O U V A N T

Le sommet du Mont Blanc

C’est le moment de faire quelques photos souvenir, vidéo. La vue est sympathique, c’est clair, mais pour être franc ce n’est pas le plus beau sommet que j’ai pu faire. Il est très plat et c’est même difficile de voir où est le point le plus haut. (j’ai une préférence pour les sommets en pic avec une belle croix, mais on va pas faire les difficiles 🙂 ). Et puis il est rapidement temps de redescendre car il est déjà tard et il fait très froid là-haut. Attention de pas laisser les doigts trop longtemps dehors pour faire des photos d’ailleurs, ça peut vite vous faire très mal aux doigts!

Partie 3 – La redescente au refuge du Goûter

Une ascension est réussite quand on est à nouveau en bas. La descente n’est pas forcement plus facile ou moins dangereuse, alors prudence. On descend tranquillement, souvent l’effet de l’altitude diminue un peu à ce moment et cela nous permet de profiter un peu plus du paysage. Car pendant la montée, c’est parfois dur de lever la tête entre l’effort et le petit mal des montagne.

Au refuge du Vallot on retrouve notre collègue qui a bien récupéré. Et finissons la descente tous ensemble jusqu’au refuge du Goûter. Pour certain ça commence à piquer dans les cuissots, mais c’est normal après 11h de marche.

Il est presque 20h à l’approche du refuge, le soleil commence à se coucher. Des gros nuages sont arrivés sur les cotés, ce qui offre des paysages magnifiques avec des couleurs incroyables, c’est beau… Trop beau.

LA NUIT AU REFUGE DU GOUTER

Nous sommes arrivés juste à l’heure pour profiter du repas au refuge du Goûter. Nous mangeons donc rapidement, un repas plutôt bon quand on sait qu’on est à 3800m sur un bout de cailloux. L’équipe est bien fatiguée, ça ne parle pas beaucoup, tout le monde est pressé d’aller faire une bonne nuit… Sauf moi! Je n’ai jamais passé une bonne nuit dans ce refuge: l’altitude, le petit mal de crâne, le monde, le chaud et froid, le bruit, bref je suis pas pressé.

Et bien pas manqué, on a tous passé une putain de nuit de merde à attendre que le réveille sonne. Même la fatigue n’a rien pu faire pour nous. On avait prévu de partir après le petit déjeuné de 7h. Le mauvais temps était annoncé toute la journée, même la nuit. Donc pas de raison de se lever encore plus tôt

LA REDESCENTE AU NID D’AIGLE LE 2 EME JOUR

Au levé je suis vite allé voir le temps qu’il faisait et effectivement, la météo n’avait pas menti: on ne voyait pas à 10mètres.

On décide donc de prend le petit déjeuner (tout petit pour le prix… C’est un peu de l’abus d’ailleurs) et d’ensuite aller jeter un coup d’œil tous ensemble au chemin du retour.

Quand il faut y aller, faut y aller!

Apres s’être bien équipé et avoir empilé toutes les couches de vêtements qu’on avait apporté, on se lance à l’assaut de la descente. Un vent de fou sur la petit crête qui mène au vieux refuge: il était presque impossible de tenir debout. C’est donc tout doucement que nous avons atteint le début de la descente vers Tête Rousse. Et il faut bien le dire c’était plutôt impressionnant avec la neige qui tombait mais vers le haut tellement ça burlait. On a un peu hésité à se lancer la dedans et quand un guide avec ses clients à fait demi-tour; on a finalement fait pareil.

Mais comme ça arrive souvent en montagne, cela ne faisait pas 2 min qu’on avait fait demi-tour que toute la vallée s’est dégagée. Même le vent s’est calmé. Du coup on en a vite profité pour plonger dans le méandre de rochers qui descendent au refuge de la tête Rousse. On a bien fait car l’accalmie a duré assez longtemps pour nous permettre de rejoindre le Nid d’Aigle. Mais il nous a fallu garder les crampons très bas comparé à la montée. Pour ce qui est de l’orientation dans cette descente, il y a soit des câbles qui montrent le chemin, soit plein de petits points fait à la bombe. Je suis pas bien fan de ce genre d’artifice mais bon, par mauvais temps ça file un bon coup de main.

Pour ce qui est de la traversée du couloir du Goûter: aucun soucis avec le froid et la neige on n’a rien vu dégringoler, à part une gourde ou 2 … haha…

Le reste du chemin ne sera qu’une formalité, malgré une petite accélération finale pour éviter d’attendre le prochain tramway qui va à Saint Gervais. A 2min près il fallait attendre 1h sous la pluie: ouff !

Et voilà on peut dire qu’on l’a fait: ON EST MONTE ET REDESCENDU DU MONT BLANC!! Bravo les gars !! Ce n’était pas facile avec ces conditions là, mais on l’a fait!

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