Le mont Huangshan : les montagnes jaunes

montagnes jaunes

Visiter les Montagnes Jaunes, c’est plonger dans un décor féerique où les sommets aux formes arrondies et usées par le temps s’élèvent entre les brumes. Perchés ici et là, des pins courageux semblent défier les lois de la gravité, ajoutant une touche presque irréelle au paysage. Ce parc naturel, situé au nord de la ville de Huangshan, est un incontournable pour tout voyageur en quête de panoramas grandioses et d’expériences immersives en pleine nature.

Quand visiter les Montagnes Jaunes

Le parc peut se visiter toute l’année, mais chaque saison offre une expérience différente. En hiver, la neige recouvre les sommets, transformant le paysage en un tableau digne d’un film fantastique, mais le froid peut être mordant. Le printemps et l’automne sont parfaits pour profiter des couleurs éclatantes et de températures plus agréables. De mon côté, j’ai opté pour une visite en août, espérant éviter les grandes foules tout en bénéficiant de conditions météo favorables. Mais ici, la montagne a son propre caractère, et les nuages peuvent jouer les trouble-fêtes, rendant certains points de vue totalement invisibles.

Comment visiter les Montagnes Jaunes

Pour rejoindre le parc, il faut d’abord se rendre à Tangkou, qui sert de porte d’entrée au site. On peut y accéder en bus, en train jusqu’à la ville de Huangshan, ou encore par avion, mais il faudra de toute façon finir le trajet en bus.

Vieux Tangkou ou Nouveau Tangkou ?

Deux options s’offrent aux voyageurs pour loger à Tangkou : le « vieux Tangkou », plus proche du parc, et le « nouveau Tangkou », où se trouve la gare routière. J’ai choisi de poser mon sac dans le vieux Tangkou, un peu plus calme et authentique, où l’on trouve encore quelques ruelles charmantes. J’y ai trouvé une chambre abordable et l’hôtel a même accepté de garder mon sac le temps de mon expédition dans la montagne.

Où loger dans les Montagnes Jaunes

Il est possible de visiter le parc en une journée, mais je recommande vivement d’y passer au moins une nuit pour profiter des couleurs magiques du lever et du coucher de soleil. Plusieurs options s’offrent aux randonneurs : hôtels hors de prix, dortoirs collectifs ou encore camping. Voyageant toujours avec ma tente, j’ai opté pour le camping sur un petit terrain prévu à cet effet près de l’hôtel White Cloud. L’endroit est en réalité un terrain de basket, bien plat, parfait pour monter une tente. En arrivant tôt, j’ai trouvé un bon spot, mais j’ai vite compris que la tranquillité n’était pas au programme : les campeurs autour de moi ont commencé à s’agiter dès 2h30 du matin pour être sûrs de ne pas manquer le lever du soleil.

Visiter les Montagnes Jaunes : le parc du Mont Huangshan

Ce parc attire plus d’un million de visiteurs par an, et il vaut mieux éviter les weekends et les congés chinois si l’on souhaite profiter d’une relative tranquillité. L’entrée coûte 230 RMB par personne, auxquels s’ajoutent 19 RMB pour la navette interne et jusqu’à 90 RMB pour les téléphériques.

Mais pourquoi prendre un téléphérique quand on peut grimper à pied ? Certes, cela demande un effort considérable, mais c’est aussi la meilleure manière de savourer pleinement l’expérience. La montée est raide, les marches infinies, mais à chaque virage, un nouveau panorama récompense l’effort. Je me souviens d’une portion particulièrement impressionnante où le sentier serpentait à flanc de falaise, offrant une vue vertigineuse sur la vallée en contrebas.

Une fois au sommet, direction le Grand Canyon, sans doute l’une des plus belles zones du parc. À chaque détour, le paysage se transforme : des pics acérés surgissent des nuages, créant une atmosphère presque mystique. Un téléphérique a été installé pour ceux qui veulent éviter la remontée, mais j’ai préféré m’accrocher et savourer chaque pas.

Randonnée dans les Montagnes Jaunes

Ma première journée a été intense : huit heures de marche et 2000 mètres de dénivelé positif. Dès les premiers kilomètres, j’ai compris que les escaliers allaient être mes pires ennemis et mes meilleurs alliés. Ici, tout n’est que marches, parfois taillées dans la roche, parfois aménagées en escaliers vertigineux suspendus au flanc de la montagne. Chaque pause était l’occasion de savourer le paysage, entre mer de nuages et forêts de pins tordus par le vent.

Après une montée éprouvante par le chemin de l’Est, j’ai atteint l’un des plus beaux points de vue du parc : le Pic du Lotus. Malheureusement, la brume était de la partie, et j’ai d’abord cru que je ne verrais rien. Mais au bout de quelques minutes, un coup de vent a balayé les nuages, révélant un spectacle à couper le souffle : des pics rocheux émergeant d’un océan de brume, comme si j’étais suspendu au-dessus du monde.

Camping et soirée en altitude

En fin de journée, j’ai rejoint mon emplacement de camping près de l’hôtel White Cloud. L’endroit était déjà bien rempli, mais j’ai réussi à me faufiler entre deux tentes. En discutant avec un groupe de randonneurs chinois, j’ai appris qu’ils avaient grimpé avec des sacs remplis de nouilles instantanées et de bouteilles d’eau. Leur technique ? Partager le poids entre tous les membres du groupe. Un peu plus tard, ils m’ont gentiment offert un bol de soupe chaude, un luxe après cette longue journée.

Alors que la nuit tombait, j’ai tenté d’aller admirer le coucher du soleil près de la station météo, mais une mer de nuages m’a privé du spectacle. Pas de chance cette fois, mais l’expérience restait magique. En revanche, la nuit a été courte : dès 2h30 du matin, des randonneurs ont commencé à s’agiter, parlant fort et tapant sur leurs lampes frontales. Apparemment, ils ne voulaient pas rater le lever du soleil.

Lever de soleil sur les Montagnes Jaunes

Un peu groggy, j’ai plié ma tente et me suis mis en route avant l’aube pour trouver un bon point de vue. Après une demi-heure de marche à la lueur de ma frontale, j’ai trouvé un petit promontoire éloigné des foules. L’attente a été récompensée : à mesure que le ciel s’éclaircissait, les sommets ont pris une teinte dorée, et le brouillard s’est doucement dissipé, révélant un paysage sublime.

Descente et retour à Tangkou

La redescente par le chemin de l’Ouest a été un véritable défi pour les jambes, surtout après la fatigue de la veille. Certains passages étaient tellement raides que mes mollets brûlaient à chaque marche. Mais le panorama aidait à faire passer la douleur. À mi-chemin, j’ai croisé un porteur transportant sur son dos des dizaines de kilos de provisions pour les hôtels situés en altitude. Impressionnant de voir ces hommes gravir ces escaliers interminables, souvent avec des charges dépassant leur propre poids.

Une fois en bas, plutôt que de prendre la navette, j’ai décidé de rallonger la marche en traversant une magnifique forêt de bambous. L’ambiance y était paisible, bien loin de l’agitation du sommet. Après une heure de marche supplémentaire, je suis enfin arrivé à Tangkou, prêt à savourer un bon repas et à me reposer.

Bilan de mon aventure dans les Montagnes Jaunes

Les Montagnes Jaunes sont sans conteste l’un des plus beaux sites naturels de Chine. Malgré l’afflux de touristes et l’omniprésence des escaliers, l’expérience reste unique. Chaque effort est récompensé par des panoramas à couper le souffle, et l’ambiance mystique qui règne sur ces sommets en fait un lieu à part. J’ai particulièrement apprécié le contraste entre les zones très fréquentées et les sentiers plus reculés où l’on peut encore ressentir la solitude face à l’immensité de la nature.

Si je devais donner quelques conseils à ceux qui souhaitent s’y aventurer :

  • Évitez les weekends et les congés chinois, sinon vous risquez de passer plus de temps à faire la queue qu’à randonner.
  • Si vous êtes en bonne condition physique, privilégiez la montée à pied plutôt que les téléphériques : c’est plus éprouvant, mais bien plus gratifiant.
  • Prévoyez suffisamment d’eau et de nourriture, car les prix dans la montagne sont exorbitants.
  • Campez si vous en avez l’occasion, mais préparez-vous à une nuit courte à cause du bruit des autres randonneurs.
  • Levez-vous tôt pour le lever du soleil : c’est un spectacle magique que vous ne regretterez pas.

Une dernière anecdote

Juste avant de quitter la montagne, j’ai croisé un vieil homme qui gravissait les escaliers à son rythme, un grand bâton de bois à la main. Curieux, je lui ai demandé combien de fois il était monté au sommet. Il m’a répondu en souriant qu’il venait ici toutes les semaines depuis qu’il était à la retraite, « pour garder la forme et discuter avec les montagnes ». Une belle leçon de persévérance et de connexion avec la nature.

En descendant vers Tangkou, je me suis retourné une dernière fois pour observer les sommets disparaître derrière la brume. Une chose est sûre : cette aventure dans les Montagnes Jaunes restera gravée dans ma mémoire.

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