Trek à l’Everest Base camp via les 3 passes

Everest BAse camp

Le trek de l’Everest Base Camp via les 3 passes dans la région du Khumbu au Népal est une aventure hors norme. Pendant 18 jours, j’ai parcouru environ 215 km avec 15 000 mètres de dénivelé positif, une véritable épopée entre montagnes majestueuses et villages reculés. Je vais partager ici toutes les informations essentielles pour préparer votre trek : tarifs, parcours, logement, repas, et quelques astuces qui peuvent faire la différence.

Quand partir pour l’Everest Base Camp via les 3 passes

Les périodes idéales pour ce trek sont mars-avril et octobre-novembre. Ces mois offrent des conditions climatiques plus favorables avec des températures supportables et des paysages magnifiques.

Pour ma part, je suis parti en avril et le spectacle des rhododendrons en fleurs était incroyable. Les vallées étaient d’un vert éclatant, et l’air, bien que parfois frais, était parfait pour la marche. Contrairement à d’autres saisons où le froid peut être mordant ou la pluie persistante, avril offrait un bon équilibre.

Comment se rendre au départ du trek de l’Everest

Plusieurs options existent selon votre budget et votre envie d’aventure :

Départ de Lukla

C’est l’option la plus rapide et prisée par la majorité des randonneurs. Un vol depuis Katmandou coûte environ 150€ et vous amène en 35 minutes à Lukla, à 2800m d’altitude. L’atterrissage sur cette piste courte et en pente est une expérience en soi, avec une vue vertigineuse sur les montagnes environnantes.

Départ de Phaplu

Accessible en avion (environ 150€) ou en bus (14€ pour 12 à 14 heures de trajet), Phaplu ajoute 2 à 3 jours de trek avant de rejoindre Lukla. Ces journées de marche permettent de découvrir la campagne népalaise, avec des villages authentiques et des paysages variés. Une excellente alternative pour éviter la foule dès le début.

Départ de Sallari

Accessible en jeep depuis Katmandou (environ 480€ à diviser entre les passagers), Sallari est située juste en dessous de Phaplu. La route est plus rapide mais plus chère que le bus.

Départ de Shivalaya

Un bus depuis Katmandou vous y emmène pour une quinzaine d’euros en 10 heures de route. Cette option prolonge le trek de 4 à 6 jours avant Lukla, mais traverse des paysages magnifiques : forêts de rhododendrons, rizières en terrasse, villages isolés.

Départ de Jiri

Avec 10 heures de bus depuis Katmandou pour 5€, Jiri est l’option la plus longue pour rejoindre Lukla (environ 7 jours de trek supplémentaires). La première partie du parcours traverse une zone en travaux pour une route, mais le reste du trajet vaut largement l’effort.

J’ai opté pour l’arrivée en avion à Lukla et le retour par Jiri. Ce choix permet de voir un maximum de paysages et d’éviter l’effet « aller-retour » du trek.

Choisir son parcours : Everest Base Camp via les 3 passes

Everest

Si vous venez dans cette région du Népal, c’est avant tout pour admirer l’Everest et son camp de base. Plusieurs itinéraires sont possibles :

Le trek classique : Lukla – Everest Base Camp

Ce parcours se fait en une dizaine de jours et traverse Namche Bazaar, Tengboche, Dingboche, Lobuche et Gorak Shep. C’est la route la plus empruntée avec un flux continu de trekkeurs. Mais la récompense d’atteindre le camp de base et d’admirer le sommet de l’Everest en vaut la peine.

Le circuit via Gokyo

Une alternative superbe en 10 à 15 jours, qui passe par Gokyo et son célèbre lac turquoise. L’ascension du Gokyo Ri offre l’une des plus belles vues sur l’Everest. Attention toutefois au passage du Cho La Pass, qui peut devenir compliqué par mauvais temps.

Le trek des 3 passes

Un parcours exigeant de 18 jours qui traverse Renjo La Pass, Cho La Pass et Kongma La Pass. Une aventure qui permet de s’immerger pleinement dans la région, avec des paysages variés et moins de monde sur certaines portions. J’ai opté pour ce trek, en supprimant Kongma La Pass pour inclure la descente vers Jiri dans mon itinéraire.

Si vous avez du temps, je recommande fortement d’ajouter quelques jours sous Lukla (au moins jusqu’à Phaplu) pour profiter de la culture locale.

Les logements et la nourriture

Les hébergements se font dans des lodges tout au long du trek. Les prix varient entre 100 et 300 roupies népalaises (RP) pour une chambre basique. En haute saison (octobre-novembre), il vaut mieux réserver à l’avance, surtout à Gorak Shep où les places sont limitées.

Les repas sont simples et adaptés à l’effort : dal bhat (riz, soupe de lentilles, légumes), nouilles, pommes de terre, momos, pancakes tibétains… Plus on monte en altitude, plus les prix augmentent. À titre d’exemple, un dal bhat coûte 250RP à Jiri contre 850RP à Gorak Shep ! C’est pourtant le plat idéal, car on peut demander à être resservi gratuitement.

Guide et porteur : faut-il en prendre un ?

J’ai choisi de partir sans guide. Avec une bonne carte et quelques échanges avec les locaux, il est assez simple de suivre l’itinéraire. Les guides peuvent être utiles pour obtenir des anecdotes sur la culture et la nature, mais ne sont pas indispensables sur la partie au-dessus de Lukla.

Quant aux porteurs, tout dépend de votre condition physique. Personnellement, j’aime porter mon propre matériel et voyager léger, mais un porteur peut être une bonne option pour ceux qui préfèrent marcher sans trop de charge.

J’ai suivi un itinéraire exigeant, mais qui m’a offert des paysages incroyables et des moments inoubliables. Voici en détail mon parcours pour l’Everest Base Camp via les 3 passes.

Mon parcours : Everest Base Camp via les 3 passes

En 18 jours de trek, j’ai accumulé plus de 100 heures de marche, 215 km parcourus et un dénivelé positif d’environ 15 000 mètres. Mon altitude maximale enregistrée a été de 5663m. Je suis parti avec un itinéraire proposé par des agences, que j’ai ensuite ajusté en fonction de mon ressenti et des conditions sur place.

J’ai décidé d’enlever un jour d’acclimatation, car je me sentais bien à 4700m, et j’ai également évité Kongma La Pass pour pouvoir inclure la descente vers Jiri. Ce choix m’a permis de découvrir des villages reculés et d’échanger avec des habitants loin du tourisme de masse.

Namche Bazaar : le dernier « vrai » village

Après l’atterrissage à Lukla et quelques jours de marche, on atteint Namche Bazaar, la porte d’entrée des montagnes de l’Everest. Ce village est un carrefour important où les trekkeurs s’acclimatent avant de monter plus haut. C’est aussi l’endroit où j’ai dégusté mon dernier vrai bon café avant plusieurs jours !

Le contraste est saisissant : d’un côté, des boutiques modernes vendant du matériel de trekking, de l’autre, des yaks transportant d’énormes charges à travers les ruelles. Je me suis arrêté une journée pour l’acclimatation et j’en ai profité pour grimper au point de vue de l’hôtel Everest View, où l’on aperçoit le sommet mythique pour la première fois.

Thame et le col de Renjo La Pass

Plutôt que de suivre directement la route classique, j’ai bifurqué vers Thame, un village plus reculé. Moins fréquenté, il offre une immersion plus authentique avec des monastères accrochés aux flancs des montagnes.

Le passage du Renjo La Pass a été l’un des moments les plus mémorables du trek. Le col culmine à 5360m et la montée est rude, avec des pentes abruptes et des conditions météorologiques changeantes. En atteignant le sommet, la vue sur le lac turquoise de Gokyo et les sommets environnants était tout simplement époustouflante. Une de ces images que je garderai en tête toute ma vie.

Gokyo et son lac surréaliste

Le village de Gokyo est une véritable pépite. Situé au bord d’un lac d’un bleu intense, il est entouré de glaciers et de sommets immenses. J’y ai passé une nuit, et au lever du jour, j’ai entrepris l’ascension du Gokyo Ri (5357m). L’effort en valait la peine : d’en haut, on aperçoit quatre des plus hauts sommets du monde, dont l’Everest.

Le passage du Cho La Pass

Le lendemain, départ à l’aube pour Cho La Pass, un col glaciaire à 5420m. La montée est raide et la descente de l’autre côté encore plus technique avec des rochers et de la glace. À mi-chemin, un vent glacial s’est levé, rendant la progression plus difficile.

Arrivé en bas, la récompense était immédiate : des paysages lunaires et une ambiance de bout du monde. C’est ici que j’ai croisé une caravane de yaks transportant des provisions vers les villages plus hauts. Un moment suspendu dans le temps.

Le camp de base de l’Everest

En continuant vers Gorak Shep, dernier village avant le camp de base, l’altitude se fait sentir. Chaque pas demande plus d’effort, mais l’excitation de se rapprocher du but pousse à avancer.

Le camp de base en lui-même est un amoncellement de tentes colorées sur un terrain rocailleux, entouré de glaciers impressionnants. L’Everest est encore caché derrière le Nuptse, mais l’ambiance est unique. Des groupes d’alpinistes en pleine préparation pour l’ascension finale, des drapeaux de prières flottant au vent… Un endroit chargé d’émotion.

Kalapatthar : la plus belle vue sur l’Everest

Au lever du soleil, j’ai entamé l’ascension de Kalapatthar (5643m). C’est de là que l’on a la meilleure vue sur l’Everest, avec une lumière dorée illuminant le sommet. Le froid était mordant, mais en voyant l’ombre de la montagne s’étirer sur la vallée, j’ai oublié la fatigue et le souffle court. Un moment magique.

Retour vers Jiri et immersion locale

Plutôt que de reprendre l’avion à Lukla, j’ai choisi de redescendre jusqu’à Jiri en plusieurs jours. Cette partie du trek est moins touristique et permet de découvrir un Népal plus authentique. J’ai traversé des forêts de rhododendrons en fleurs, des rizières en terrasses et des villages où le temps semble s’être arrêté.

À un moment, alors que je traversais un petit hameau, une famille m’a invité à boire un thé dans leur maison en pierre. On ne parlait pas la même langue, mais le sourire et les gestes suffisaient pour communiquer. Une belle leçon de générosité et d’hospitalité.

Une anecdote qui marque

Lors de la montée vers Gokyo, je marchais seul sur un sentier escarpé lorsqu’un énorme bruit de pierres qui roulent a retenti derrière moi. En me retournant, j’ai vu une chèvre des montagnes glisser sur la pente rocailleuse avant de se rattraper in extremis. Mon cœur a failli lâcher, mais elle, imperturbable, a repris son chemin comme si de rien n’était. Une belle leçon d’équilibre !

Combien m’a coûté mon trekking de l’Everest Base Camp

Le budget pour un tel trek varie en fonction du confort que l’on recherche et des petits extras que l’on s’accorde en chemin. Voici un aperçu de mes dépenses sur place au Népal, sans compter le billet d’avion international (comptez entre 500€ et 700€ selon la période) ni le visa (50€ pour 30 jours).

Il faut également prévoir :

  • Le TIMS (Trekkers’ Information Management System) obligatoire : 20€
  • Le permis d’entrée dans le parc du Khumbu : 33€
  • Les repas : en moyenne 10€ à 15€ par jour, selon l’altitude
  • Les lodges : entre 1€ et 3€ la nuit, sauf dans certains endroits plus touristiques
  • Les extras (WiFi, recharges de batterie, douche chaude) : entre 2€ et 5€ chaque fois

Pour économiser, j’ai parfois sauté un repas le midi en grignotant des biscuits ou des fruits secs. Certains lodges acceptent de faire un petit prix si l’on prend tous ses repas chez eux.

Bilan de mon trekking à l’Everest Base Camp

Ces 18 jours en plein cœur du Népal ont été parmi les plus intenses de mes voyages. Entre les cols d’altitude, les nuits glaciales et les paysages à couper le souffle, chaque journée apportait son lot de découvertes.

J’ai vécu toutes les saisons en quelques jours : grand soleil, pluie battante, tempête de neige… Je suis passé de la foule dense du camp de base de l’Everest à l’isolement total dans certaines vallées reculées. J’ai partagé le sentier avec des trekkeurs du monde entier et des Népalais transportant des charges impressionnantes sur leur dos.

J’ai vu des yaks paisibles, des lacs cristallins, des glaciers gigantesques et des montagnes qui paraissaient irréelles. J’ai mangé des kilos de dal bhat, j’ai survécu sans douche plusieurs jours, et j’ai appris à savourer les petits moments : un lever de soleil sur le toit du monde, un bol de thé chaud après une journée éreintante, un échange avec un habitant au détour d’un sentier.

Si vous hésitez à vous lancer dans cette aventure, je vous le dis : foncez. Le Népal est un pays unique où l’effort est toujours récompensé. Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, j’y retournerai pour explorer d’autres régions comme le Langtang, le Dolpo ou même tenter un sommet !

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