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Matterhorn Ultraks Extreme: CR de course!

Par Romlands

MATTERHORN ULTRAKS EXTREME:

« Ça va être l’enfer », « les gens vont pleurer au sommet » a déclaré le concepteur de course de la Matterhorn Ultraks Extreme, quelques jours avant le départ.

Le Matterhorn Ultraks Extreme est une nouvelle course du calendrier SkyRunning 2019 plutôt attendue car elle se prétend la plus extrême. Martin Anthamatten, une légende locale à Zermatt, s’est donné le défi de créer la course la plus extrême et la plus technique du monde. Y est-il arrivé ? Je vous dis cela un peu plus bas…!

En amont de la course, mon entourage avait un peu peur que je fasse cette course si technique et si extrême. Tout le monde espérait que je m’en sorte vivant… ou au moins debout sur mes deux jambes!

Eh bien, je suis là. J‘ai survécu à la course de « course à pied » la plus « technique et la plus extrême du monde«  lol! Si vous avez le projet de tenter cette course, ou par simple curiosité, voici tout ce que vous devez savoir sur la Matterhorn Ultraks Extreme, avec mon petit CR.

COMBIEN DE PLACE POUR LE MATTERHORN ULTRAKS EXTREME

Le Matterhorn Ultraks EXTREME est une course limitée à 250 inscrits. En raison de sa nature extrême, pour la sécurité de tous, il est important que les entrées soient plafonnées.

Parmi le peloton se trouvait bon nombre des 10 meilleurs coureurs de SkyRunning du monde hommes et femmes et… moi, un peu plus loin!

MATTERHORN ULTRAKS EXTREME

COMMENT PUIS-JE ETRE SÉLECTIONNÉ POUR LA MATTERHORN ULTRAKS EXTREME?

Pour être sélectionné, chaque coureur devait donner des références pour montrer ses compétences sur des courses de skyrunning, mais aussi sur une certaine expérience en altitude, alpi et via ferrata . En gros, il faut déjà avoir fait des courses de skyrunnng ou de la haute montagne. En effet, la Matterhorn Ultraks Extreme a un parcours très exigeant qui nécessite vraiment une expérience en montagne/altitude.

QUEL EST LE GAIN D’ALTITUDE SUR L’EXTRÊME ULTRAKS?

Sur les 24 km, on effectue plusieurs ascensions. Pour commencer la course, il y a une montée de 1600m qui passe par Hobalm, le premier checkpoint de la course. Le dénivelé positif de la course est de plus de 2880 m d’altitude de montée et de descente. On passe aussi plusieurs fois à plus de 3000m d’altitude, et ce n’est pas à négliger. Une petite difficulté qui se rajoute à toutes les autres!

COMBIEN DE TEMPS POUR FINIR LA MATTERHORN ULTRAKS EXTREME

  • Terrain Elite: 3 heures 30 – 5 heures.
  • Amateur: 5 heures 30 – 7 heures.
  • Moi: 5 heures 05 

Arrêt de la course: après 10 heures de course. Cependant, il y a deux points de contrôle qui doivent être franchit dans les délais:

  • Barrière horaire 1: 90 minutes après le départ, environ 4,5 km et 1060 m d’altitude.
  • Barrière horaire 2: Rothornhütte pas plus de 4 heures.

COMPTE RENDU DE LA COURSE.

PRÉPARATION  À LA MATTERHORN ULTRAKS EXTREME

J’ai pris une approche différente et très agréable pour mon entraînement de cette course. Avec un parcours à peine courrable, il n’était pas logique de continuer à s’entraîner sur des routes ou des sentiers plats (déjà que de base, je m’entraîne peu sur du plat!). Donc aux cours des 6 dernières semaines avant la course, j’ai passé moins de temps à courir et plus de temps à faire de la rando/course à fort dénivelé ou de l’alpi/via-ferrata. Au cours des semaines, j’ai effectué régulièrement la via-ferrata près de chez moi (inutile pour cette course mais très utile pour ma course suivante de cette saison). J’ai aussi rendu une petite visite express au Mont Blanc à la journée (mon article ici). Et comme le départ du Matterhorn Ultraks Extreme était une cote de 1600m en 6km, j’ai tenté de bosser mon point faible: les montées… vu comme j’en est chié dans la 1ere ascension, je ne suis pas sur d’avoir réussi ce point là!

Si vous voulez voir mes training, vous pouvez voir toutes mes activités sur strava.

JOUR DE COURSE

Le Cervin était visible dans toute sa splendeur avec un magnifique ciel bleu. Nous avons eu la chance d’avoir une belle journée à Zermatt, mais il faisait presque trop chaud pour moi.

J’ai quitté mon hôtel, situé littéralement à 100m du départ pour me rendre au départ de la course, prévue à 8h00 du matin. Plutôt pas mal pour l’hôtel le moins cher de la station!

3… 2… 1… le ruban est tombé et nous sommes partis. Rapidement, l’inclinaison a commencé et nous nous sommes tous vite calmés. Je suis peut-être parti légèrement vite car la première ascension a été exténuante. À partir de Zermatt, (situé 1605 m d’altitude) nous avons commencé à grimper environ 1600 m de D+.

Les 1000 premiers mètres de dénivelé ont été fait sur de jolies singles, avec seulement de la place pour une personne. Dur de dépasser ou de se faire doubler… Une partie plutôt dure pour moi, je n’ai pas réussi à trouver mon rythme. Mais ça viendra après le 1er checkpoint…

HOBALM 1er checkpoint

Au checkpoint, le temps de prendre un gel avant de continuer à grimper les 600m D+ restant de la 1ere cote. Et c’est à partir d’ici que la course devenait « extreme ». En effet, fini les chemins et on en reverra très peu avant la descente finale. Les vues sur le Cervin étaient énormes, mais pas trop le temps de regarder le paysage car il fait maintenant user des mains pour grimper jusqu’au sommet. Et surtout être très vigilant aux pierres que les coureurs, qui nous devançaient, pouvaient faire tomber!

L’escalade n’était pas compliquée, dure ou effrayante pour moi. Mais elle était lente et longue. Peu de temps après la section d’escalade, est apparu le sommet de la première montée. J’étais enfin à mon rythme et les sensations étaient bonnes.

LA PREMIÈRE DESCENTE

A aucun moment, lors d’une randonnée dans le coin, on aurait pu imaginer descendre par cet itinéraire. Des bénévoles de la course se tenaient au début de la descente, nous permettant de descendre à 3 maximum à l’aide d’une corde. La descente a commencé dans un ebouli plutôt glissant…

Mes chaussures se sont vite remplies de petits cailloux et il me faudra les vidées! Avoir des petites guêtres me semble être une bonne idée…!

Ce terrain vous permet de descendre rapidement si vous maîtrisez la glisse. Et c’était même plutôt fun pour moi!

MATTERHORN ULTRAKS EXTREME

TERRAIN PLAT MAIS TECHNIQUE

Après cette descente, vous arrivez dans une vallée qui n’est autre qu’un tas de caillou gros comme des ballons de foot. Aucun chemin, vous avez juste à suivre les petits drapeaux et à essayer de ne pas vous tordre les chevilles. Si vous êtes à l’aise sur ce genre de section, vous allez rattraper pas mal de monde.

Nous avons croisé plusieurs petites rivières et je n’ai pas pris la peine de remplir ma gourde. Ceci s’avérera être une erreur…

Après cette «section plate», la section suivante montait à Rothornhutte où se trouvait le poste de ravitaillement.

LA PREMIÈRE AIRE DE RAVITAILLEMENT

Tout au long de la course, il y a deux postes de ravitaillement.

  • Le premier et le plus grand poste de secours se trouvait à Rothornhütte, qui offrait un large éventail de boissons et d’alimentation.
  • Le deuxième poste de secours était à 19-20 km, mais j’ai choisi de ne pas m’y arrêter. Il restait que quelques kilomètres de descente, j’ai filé tout droit.

Avant d’atteindre Rothornhutte. je n’avais plus d’eau donc autant vous dire que j’étais content d’arriver au ravitaillement. Je suis arrivé à Rothornhütte après 2 heures et 18 minutes, largement avant l’heure limite (heure limite à 4h de course). J’ai rempli mes deux flasques de 500 ml ici, mangé un petit peu avant de s’attaquer à la section suivante.

A ce stade de la course, j’étais plutôt pas mal. Je gérais plutôt bien l’altitude mais de foutues crampes allaient faire leur apparition…

VERS LE GLACIER

Après le poste de ravitaillement, c’était le début des ennuis pour ma part.

Ce chemin n’est pas un endroit où les gens randonnent habituellement. Les organisateurs de la course avaient positionné des drapeaux parmi les rochers, indiquant la direction dans laquelle nous devions progresser.

Et c’est au milieux de tous ces rochers que mes 1eres crampes sont arrivées, vraiment au mauvais moment (mais si seulement il y avait un bon moment pour les crampes…).  J’ai du m’arrêter et m’étirer 5 bonnes minutes avant de pouvoir continuer à avancer… Très frustrants quand on se sent plutôt bien. Sortir de cette section a été douloureux et m’a conduit à l’entrée du glacier.

Le début du glacier était quelque chose de très facile: juste une descente dans la neige dont les derniers 10m se fond sur les fesses. A partir d’ici on vous dira de mettre les minis crampons. Et effectivement ils seront plutôt utiles!

Pour notre sécurité, les organisateurs de la course ont mis une corde qui nous a fait descendre au bas du glacier. C’est à ce moment que les crampons étaient indispensable.

Sans les crampons: impossible de rester debout sur l’immense plateau de glace.

SOMMET DU METTELHORN

Après le glacier, une autre ascension nous a conduit au sommet du Mettelhorn. Encore une fois, cela a été extrêmement raide, avec des lacets techniques qui nous ont menés jusqu’au sommet.

Une vue panoramique nous a accueillis:

Du sommet, vous pouviez voir le glacier que nous avons descendu, le tout-puissant Cervin, d’autres sommets de 4000 m, des crêtes de folies et la section de descente que nous étions sur le point d’entamer.

Ce fut un énorme soulagement de savoir que j’avais terminé tout le D+ de la journée. Au sommet, j’ai pris un bon gel et j’ai commencé la descente vers Zermatt.

DESCENTE À ZERMATT

Il était temps de laisser aller les jambes et de prendre de l’élan vers Zermatt. Quitter le sommet du Mettelhorn était plutôt technique surtout l’étape «tuiles cassées». Une étape avec des cailloux en forme du tuile cassée… comme vous vous en doutez, pas des plus évidents terrains de jeu! Mais avec la perte d’altitude les pierres se sont petit à petit transformées en herbe. C’est sur les pelouses que j’ai commencé à prendre de la vitesse et me faire énormément plaisir en courant vers Zermatt. C’était sympa de pouvoir se déplacer plus rapidement et plus librement après 4 heures plutôt lente sur un terrain très technique. Avec 5 kilomètres à parcourir, l’herbe s’est ensuite transformée en single. J’étais très content de la façon dont j’ai terminé la course, après avoir perdu pas mal de temps à cause de mes crampes.

BILAN

En conclusion, la Matterhorn Ultraks Extreme était un événement inoubliable dans un lieu vraiment magnifique. Avec des crêtes, des traversées de glaciers, des cordes fixes, des éboulis et des pentes extrêmes, la Matterhorn Ultraks Extreme a tout pour plaire. L’organisation est vraiment parfaite. Mais si on devait faire un reproche je dirais:

  • Le prix (ZERMATT: cela a un coût) 140€ les 20km… mdr
  • Et aussi la publicité un peu exagérée de la course « la plus extrême du monde… » Car pour avoir fait Tromso, Glenco, Kima et récemment ELS2900,  je peux vous dire qu’il y a bien plus extrême… Je ne me suis absolument jamais senti en « insécurité », à me dire qu’il ne fallait pas trébucher etc… Après on est bien d’accord que les chemins sont loin d’être faciles et se faire une cheville ou autre peu très très vite arriver! Bref la course la plus extrême NON… Une très belle course technique OUI.

Bravo à Ultraks, Skyrunning pour cet événement franchement classe!

Si vous avez d’autres questions sur la course, envoyez-moi un commentaire ou un message sur Instagram
@romlands ou ci-dessous

LISTE DE MON MATOS
  • sac Salomon Advance Skin 5L
  • Veste Salomon Bonnati
  • Salewa Mountain Spike Crampon
  • Couverture thermique d’urgence
  • T-shirt et short Salomon S/LAB.
  • Chaussettes X-bionix
  • Chaussure Salomon sense SG
COMMENT SE RENDRE À ZERMATT

En arrivant à Zermatt, j’ai pris le train jusqu’à la gare principale de Zermatt. Zermatt est une petite ville avec un règlement interdisant les voitures, alors gardez cela à l’esprit si vous avez votre propre véhicule. Si vous conduisez, vous devez garer votre voiture dans la ville voisine appelée Täsch.

OÙ RESTER

J’ai séjourné à l’hôtel Cima, qui est en plein centre-ville et à 100m du départ. C’est un petit hôtel pas cher (80€ la nuit à Zermatt, c’est cadeau) avec un personnel sympathique, mais sans petit déjeuner. Par contre vous avez une vue imprenable sur le Cervin…

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1 comment

Chanon 4 janvier 2020 - 15 h 30 min

CR bien réalisé merci pour le partage
Mais je vais laisser faire les champions
Félicitations pour les performances

Reply

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